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Entretien, gestes & maladies

Quel engrais pour le gazon

Écrit par Gilles ChauvetParu le 5 min de lecture

Une pelouse de particulier ordinaire avec un scarificateur ou un semoir, quelques zones dégarnies

Un gazon qui jaunit ou qui s'éclaircit, c'est presque toujours une histoire de nourriture. Pour aller droit au but : au printemps un engrais gazon riche en azote pour la couleur et la croissance, à l'automne un engrais plus pauvre en azote et riche en potassium pour l'enracinement et la résistance au froid. Entre les deux, on laisse le sol respirer. Chez moi, en Touraine, la pelouse devant la maison reçoit ce régime depuis des années, et c'est ce qui change tout entre un tapis vert et une herbe fatiguée. Je détaille le reste plus bas.

Je ne suis ni ingénieur agronome ni technicien. Trente-cinq ans aux espaces verts d'une commune, et un gazon que je regarde vieillir sous mes fenêtres. Ce que je raconte, c'est ce que j'ai vu, pas une règle à appliquer au cordeau.

La formule NPK : azote, phosphore, potassium

Sur chaque sac d'engrais, trois chiffres. C'est la formule NPK : azote (N), phosphore (P), potassium (K). L'azote fait la couleur et la pousse des feuilles, le phosphore travaille les racines, le potassium tient la résistance de la plante au froid, à la sécheresse, au piétinement. Pour un gazon, l'azote est le nutriment qui compte le plus une bonne partie de l'année, parce qu'on coupe l'herbe sans arrêt et qu'elle doit repousser.

Un engrais gazon de printemps est donc riche en azote : quelque chose comme 20-5-8, beaucoup d'azote, un peu de phosphore, un peu de potassium. À l'automne, on inverse la logique. Moins d'azote, plus de potassium, pour que l'herbe durcisse avant l'hiver au lieu de pousser tendre et de geler. Le rapport azote phosphore potassium n'est pas un détail marketing : il suit la saison. Regardez toujours ces trois chiffres avant le prix ou la marque sur le sac.

Le calendrier : printemps et automne

La fertilisation du gazon tient à deux moments dans l'année. Le premier apport, je le fais au printemps, en général courant mars-avril, quand la terre s'est réchauffée et que l'herbe recommence à pousser pour de bon. C'est là que le gazon a faim. Il sort de l'hiver, il est clairsemé par endroits, il réclame de l'azote et un apport de nutriments pour se refaire une densité. Un repère que je me donne : j'attends d'avoir tondu une première fois avant de nourrir. Tondez le gazon, laissez-le repartir, puis fertilisez.

Le second apport, c'est l'automne, vers septembre-octobre. Un engrais gazon d'automne, plus pauvre en azote et riche en potassium, prépare l'enracinement et la résistance au gel. On ne cherche plus à faire pousser, on cherche à consolider. L'hiver, je ne mets rien : la pelouse dort, le froid bloque tout, l'engrais resterait dans le sol sans servir et partirait pour partie avec les pluies.

Côté durée, la plupart des engrais gazon du commerce sont dits « à libération lente » et tiennent deux à trois mois. C'est ce qui explique qu'un apport de printemps et un d'automne suffisent la plupart du temps. Inutile d'en remettre tous les quinze jours.

Organique ou minéral : deux façons de nourrir

Deux grandes familles en rayon. Les engrais minéraux, souvent des granulés bleus, agissent vite et se dosent au sac. Les engrais organiques (sang séché, corne broyée, fumiers compostés, algues) nourrissent plus lentement et travaillent le sol autant que la plante.

Je penche pour l'organique sur une vieille pelouse. La matière organique entretient la vie de la terre : les vers de terre remontent, le sol reste souple, il retient mieux l'eau. Ça agit moins vite qu'un granulé minéral, mais ça dure et ça ne brûle pas l'herbe si on force un peu la main. Sur un gazon jeune ou très fatigué, un coup d'engrais minéral au printemps donne un démarrage plus franc. Souvent je mélange : de l'organique au fond pour la nutrition de la pelouse sur la durée, un appoint minéral si l'herbe traîne à verdir.

Côté prix, un sac d'engrais gazon organique coûte quelques euros de plus qu'un minéral d'entrée de gamme, et il en faut parfois davantage au mètre carré. Les marques connues, du type Algoflash, se trouvent partout en jardinerie. Au printemps, quand tout le monde s'y met en même temps, la rupture de stock sur certains engrais gazon n'a rien d'exceptionnel : j'achète mon sac tôt en saison plutôt que de courir après le stock un dimanche de mai.

Type d'engrais Formule NPK typique Quand l'apporter Durée d'action Ce qu'il apporte
Gazon printemps (minéral) riche azote, ex. 20-5-8 mars-avril 2 à 3 mois couleur, densité, démarrage rapide
Gazon automne pauvre azote, riche potassium, ex. 5-5-20 sept.-octobre 2 à 3 mois enracinement, résistance au gel
Organique équilibré, azote lent (sang séché, algues) printemps ou automne 3 mois et plus nourrit le sol, ne brûle pas
Anti-mousse 2-en-1 azote + sulfate de fer printemps quelques semaines noircit la mousse, pas la cause

L'engrais anti-mousse : attention au raccourci

La mousse dans le gazon, tout le monde veut la régler avec un engrais anti-mousse. Ces produits « engrais gazon mousse » (les 2-en-1) contiennent presque tous du sulfate de fer, qui brûle la mousse et la fait noircir. Ça marche sur le moment. Mais la mousse revient si on ne traite pas la cause : un sol tassé, acide, à l'ombre, mal drainé. J'ai vu des pelouses traitées trois printemps de suite au sulfate de fer et toujours autant de mousse en octobre.

La cause, souvent, c'est un sol trop acide. Un apport de chaux sur le gazon, un chaulage léger à l'automne, remonte le pH et gêne la mousse plus durablement qu'un anti-mousse répété. Mais la chaux ne se met pas au hasard : trop, et on déséquilibre le sol. Sur ce point, je ne donne pas de dose comme une règle. Je renvoie aux fiches de jardiner-autrement.fr et de la SNHF, et à la lecture de l'étiquette pour tout produit à base de sulfate de fer, ce dernier étant réglementé. Il tache aussi le béton et les dalles en rouille, je l'ai appris en salissant ma terrasse.

Sur les zones clairsemées que laisse la mousse une fois grattée, un peu de terreau et de graines referment le trou. Ce regarnissage, je l'aborde ailleurs sur le site, je ne le développe pas ici.

Pour finir

Retenez le rythme : de l'azote au printemps pour la couleur et la densité, du potassium à l'automne pour la résistance, rien l'hiver. Un engrais organique pour le fond si votre pelouse a de l'âge, un minéral pour un coup de fouet. Et pour la mousse, regardez d'abord le sol avant d'acheter un anti-mousse. Neuf fois sur dix, c'est là que ça se joue. Le gazon se nourrit d'un sol vivant et de deux apports bien placés dans l'année, pas d'un sac de plus.

D'autres carnets dans Entretien, gestes & maladies.

Reliez les paires

À chaque engrais son rôle

Associez chaque type d'engrais à ce qu'il apporte au gazon.

C'est expliqué dans la partie Organique ou minéral : deux façons de nourrir

Le carnet suivant : Créer et entretenir une haie : l'essentiel

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