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Plantes, fleurs & ornement

Mon lilas ne fleurit pas : les causes et ce qui se fait

Écrit par Sarah BelmonteParu le 7 min de lecture

Grand lilas feuillu avec seulement quelques grappes de fleurs mauves au printemps

Un lilas qui ne fleurit pas a presque toujours été taillé au mauvais moment, manque de soleil ou reçoit trop d'engrais azoté. Les boutons de mai se forment dès l'été précédent, au bout des rameaux : tout ce qui les coupe, les gèle ou les affame entre juillet et avril se paie au printemps suivant.

La bonne nouvelle, c'est que le lilas commun (Syringa vulgaris) est un arbuste coriace. Un pied qui boude une saison repart souvent l'année d'après, à condition de trouver la cause. Et elle se trouve en général en regardant trois choses : la date de la dernière taille, l'ombre autour, et ce qu'on a versé au pied.

D'abord, est-ce bien un lilas ?

Le « lilas des Indes » (Lagerstroemia) n'a rien à voir avec le lilas commun : il fleurit en plein été, sur le bois de l'année, et se taille en fin d'hiver. Appliquer à l'un le calendrier de l'autre, c'est la garantie de rater la floraison. Si l'arbuste en question fleurit en juillet-août avec des panicules froissées roses, rouges ou blanches, c'est lui, et tout est expliqué dans l'article sur le lilas des Indes, ses variétés et sa floraison.

Ici, on parle du lilas qui embaume en avril-mai, avec ses grappes mauves, blanches ou violettes et ses feuilles en cœur.

La cause numéro un : une taille au mauvais moment

Le Jardin botanique de Montréal (Espace pour la vie) le résume nettement : les boutons floraux du lilas se forment à l'extrémité des rameaux au cours de l'année précédente. Autrement dit, les fleurs de mai prochain sont déjà là, en petits bourgeons dodus, dès la fin de l'été.

Conséquence directe : une taille d'automne ou d'hiver, même modeste, retire une partie de la floraison suivante. Une taille sévère sur un sujet adulte en hiver peut la supprimer presque entièrement. C'est le scénario le plus fréquent du lilas « qui ne fleurit plus » : quelqu'un a voulu le remettre propre en novembre, ou une haie mixte a été passée au taille-haie en même temps que le reste.

La bonne fenêtre, selon la même source, se situe juste après la floraison, une à deux semaines après que les dernières fleurs ont fané. On coupe sous les panicules défraîchies, sans raccourcir sévèrement les rameaux. Retirer les fleurs fanées avant qu'elles ne forment des graines évite aussi à l'arbuste de dépenser ses réserves pour rien.

Un pied taillé trop tard ne se rattrape pas dans l'année. Le plus simple consiste à le laisser tranquille jusqu'à la floraison suivante, puis à reprendre le bon calendrier.

Le soleil : six heures, pas moins

Espace pour la vie donne un repère chiffré : au moins six heures de soleil par jour pour une floraison abondante. Un lilas planté à l'ombre d'un mur, d'une maison ou d'un grand arbre produit peu de fleurs, voire aucune.

Le piège, c'est que l'ombre arrive en douce : un érable voisin qui a doublé de taille, un abri de jardin construit après coup. Le lilas reste vert et en bonne santé, il ne fleurit simplement plus, ou seulement sur les branches hautes.

Si c'est le cas, deux options : éclaircir ce qui fait de l'ombre, ou accepter de déplacer le lilas (un jeune sujet se déplace en automne ; un vieux pied, c'est beaucoup plus hasardeux).

Trop d'azote : beaucoup de feuilles, pas de fleurs

Un lilas planté au bord d'une pelouse généreusement nourrie, ou qui reçoit l'engrais « universel » du massif voisin, risque de fabriquer des tiges et des feuilles au détriment des fleurs. Espace pour la vie déconseille les engrais riches en azote pour cette raison et oriente plutôt vers un apport riche en phosphore et en potassium au début du printemps.

Un lilas installé dans une terre de jardin ordinaire se passe très bien d'engrais. Une poignée de compost mûr au pied suffit souvent, et l'engrais pour gazon, lui, n'a rien à faire là. Si la pelouse touche le lilas, il vaut mieux lui laisser un petit cercle non fertilisé autour du pied (l'article sur l'engrais pour gazon aide à voir ce qu'on épand vraiment).

Un jeune sujet qui prend son temps

Un lilas acheté en petit godet ou issu d'un rejet arraché chez quelqu'un peut mettre plusieurs années avant sa première vraie floraison. Le Jardin botanique de Montréal indique qu'un nouveau drageon peut mettre jusqu'à cinq ans pour fleurir. Avant de chercher une maladie, il est donc utile de se demander depuis quand le lilas est en place et d'où il vient. Quelques printemps sans fleurs sur un jeune pied vigoureux n'ont rien d'anormal.

Le lilas greffé et ses drageons

Beaucoup de lilas à fleurs doubles ou de couleur particulière sont greffés. Le porte-greffe a tendance à drageonner, c'est-à-dire à émettre des pousses depuis la souche ou les racines. Ces rejets ne portent pas la variété choisie : ils reviennent au lilas d'origine, ou à un autre arbuste si le porte-greffe en est un autre, comme le troène.

Laissés en place, ils pompent l'énergie du pied et finissent parfois par dominer la partie greffée, qui fleurit de moins en moins. Les fiches techniques de pépinière conseillent de supprimer, au ras de la souche, les rejets qui ne ressemblent pas à la variété greffée. Les lilas obtenus par bouturage (« francs de pied ») n'ont pas ce souci.

Sur un lilas commun non greffé, les drageons sont au contraire une ressource : ce sont eux qui servent à renouveler le vieux bois.

Gel tardif et sécheresse : le climat compte aussi

Deux causes ne viennent pas du jardinier.

La première, c'est une gelée tardive au moment où les boutons gonflent. Les boutons noircis, secs, qui tombent sans s'ouvrir sont le signe classique. On n'y peut pas grand-chose sur un arbuste en pleine terre, sinon choisir pour une nouvelle plantation un emplacement moins exposé aux gelées de printemps que le fond d'une cuvette.

La seconde, moins connue, c'est une sécheresse marquée l'été précédent. Les boutons se forment justement à cette période. Un lilas assoiffé en juillet-août les forme mal ou en petit nombre, et le résultat se voit huit mois plus tard. Un arrosage copieux de temps en temps pendant les étés secs, surtout pour un sujet récemment planté, et un paillage au pied aident à passer le cap.

Le vieux lilas qui s'épuise

Un lilas de trente ou quarante ans, haut, dégarni à la base, avec des fleurs seulement tout en haut, n'est pas mourant. Il est vieux. Le remède s'appelle le rajeunissement.

Deux méthodes existent. La plus douce consiste à supprimer chaque année, au ras du sol, quelques-unes des plus vieilles tiges, en gardant les drageons vigoureux pour les remplacer. La floraison continue sur le reste du pied pendant l'opération. La plus radicale, le recépage, consiste à tout couper bas ; Espace pour la vie la réserve aux vieux lilas négligés d'espèces qui drageonnent beaucoup, comme le lilas commun, et prévient qu'il s'écoule ensuite plusieurs années avant de revoir des fleurs. Pour les espèces qui drageonnent peu, la même source recommande un rajeunissement progressif sur deux à trois ans.

Ce qui se fait, saison par saison

Au printemps, pendant et juste après la floraison : couper les fleurs fanées, faire la petite taille d'entretien dans les deux semaines qui suivent, et c'est aussi le moment des coupes de rajeunissement. Repérer les drageons du porte-greffe sur un sujet greffé et les supprimer.

En été : surveiller l'eau si la saison est sèche, pailler, ne plus toucher au sécateur. Les boutons de l'année suivante se forment.

À l'automne : seulement le ramassage des feuilles et, si besoin, la plantation ou le déplacement d'un jeune sujet. Pas de taille.

En hiver : on observe. Les gros bourgeons ronds en bout de rameaux sont les boutons floraux, les petits pointus donneront des feuilles. Les compter donne une bonne idée de la floraison à venir, et évite de couper ce qu'on attend.

D'autres arbustes à fleurs ont leur propre calendrier de taille, parfois à l'opposé de celui du lilas : l'hortensia et le rosier en sont deux bons exemples, et la rubrique Arbustes à fleurs les rassemble. Pour un coin d'ombre où le lilas ne donnera rien, mieux vaut regarder du côté des arbustes persistants qui supportent la mi-ombre.

Sources

D'autres carnets dans Plantes, fleurs & ornement.

Idée reçue ou pas ?

Lilas sans fleurs : démêler le vrai du faux

Six idées qui circulent sur le lilas qui boude. À vous de trancher.

  1. Les boutons floraux du lilas se forment dès l'été qui précède la floraison.

    C'est expliqué dans la partie La cause numéro un : une taille au mauvais moment

  2. Le meilleur moment pour tailler un lilas commun est la fin de l'hiver.

    C'est expliqué dans la partie La cause numéro un : une taille au mauvais moment

  3. Un lilas a besoin d'au moins six heures de soleil par jour pour bien fleurir.

    C'est expliqué dans la partie Le soleil : six heures, pas moins

  4. Un engrais riche en azote favorise une floraison abondante.

    C'est expliqué dans la partie Trop d'azote : beaucoup de feuilles, pas de fleurs

  5. Sur un lilas greffé, les rejets du porte-greffe donnent la même variété que la partie greffée.

    C'est expliqué dans la partie Le lilas greffé et ses drageons

  6. Le lilas des Indes se taille au même moment que le lilas commun.

    C'est expliqué dans la partie D'abord, est-ce bien un lilas ?

Le carnet suivant : Quand et comment tailler l'hortensia

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