Un arbuste persistant garde son feuillage toute l'année, quand un arbuste caduc le perd à l'automne. Voilà la première chose à regarder si tu cherches un brise-vue, une haie ou un massif qui reste habillé en janvier. Au rayon pépinière, je voyais souvent des gens repartir avec du caduc en pensant se cacher des voisins, et l'hiver suivant ils avaient une rangée de bois nu. Je ne suis ni botaniste ni horticultrice, j'ai juste passé neuf ans à vendre des plantes et à me planter sur mon balcon lyonnais. Les arbustes à feuillage persistant ne se valent pas tous, et un jardin qui en garde deux ou trois ne se déshabille jamais vraiment en hiver. Voilà comment je les trie selon ce que tu veux en faire.
Persistant, caduc ou semi-persistant
Le type de feuillage décide de tout. Un feuillage persistant tient sur la branche été comme hiver : c'est ce que tu veux pour cacher une vue ou garder du vert quand le jardin dort. Un feuillage caduc, lui, jaunit et tombe. Les arbustes caducs à feuilles mortes ne sont pas à jeter pour autant, ils offrent souvent une plus belle floraison, mais ils laissent un trou de novembre à mars. Entre les deux, quelques arbustes dits semi-persistants gardent leur feuillage en hiver doux et le perdent en partie quand il gèle fort. Chez moi à Lyon, les hivers sont assez cléments pour que l'abélia reste presque toujours vert ; plus au nord, il se dégarnit. Regarde donc ta région avant la photo du catalogue.
Les persistants pour un brise-vue ou une haie
Pour une haie persistante qui coupe la vue toute l'année, je partais toujours sur des valeurs sûres.
Le laurier-tin (Viburnum tinus) reste mon premier conseil : rustique, il tient au soleil comme à mi-ombre, monte à deux ou trois mètres, et il fleurit blanc en plein hiver, ce qui ne gâche rien. Compte 10 à 15 € le pot de 3 litres. Le photinia Red Robin, lui, sort des pousses rouge vif au printemps sur un feuillage vernissé ; croissance rapide, hauteur adulte autour de trois mètres, largeur adulte deux mètres. Il file vite mais réclame le plein soleil pour garder sa couleur. En godet on le trouve à 5 €, en pot déjà formé plutôt 18 à 20 €.
L'eleagnus fait un écran dense et supporte le vent et l'embrun, pratique en bord de mer. Le laurier-cerise pousse comme une fusée et forme un mur vert épais, mais attention : ses feuilles et ses fruits sont toxiques. Je le tenais à distance des jeux d'enfants et je taillais avec des gants ; en cas d'ingestion, appelle le Centre antipoison et regarde les fiches de l'ANSES, je ne joue pas au médecin là-dessus. Le troène reste l'option la moins chère, moins d'un euro le plant en racines nues, increvable. Et le houx (Ilex), plus lent, donne une haie dense et défensive avec ses feuilles piquantes et ses baies rouges. Petit avertissement de vendeuse : je me méfie des avis en ligne et des étiquettes « croissance rapide ». Vérifie plutôt la hauteur et la largeur adulte annoncées, c'est ça qui compte dans dix ans, et commande tôt en saison parce que les persistants populaires sont vite en rupture de stock.
Pour un écran vraiment express, le bambou persiste toute l'année et pousse à vue d'œil. Mais en France, beaucoup de variétés traçantes deviennent envahissantes : je ne prends que du bambou cespiteux, non traçant, ou alors avec une barrière anti-rhizome, sinon tu le retrouves chez le voisin.
Un mot sur l'écartement, parce que c'est là que les gens se trompent. Trop serré, la haie s'étouffe et se dégarnit du bas ; trop lâche, elle met des années à fermer. Sur du troène ou du laurier-tin en jeunes plants, je mets un pied tous les 50 à 60 cm sur un seul rang. Le laurier-cerise, plus large, se plante plutôt tous les 80 cm à un mètre. Compte cette largeur adulte dès le départ, elle t'évite d'arracher un pied sur deux dans cinq ans.
Pour un massif : des persistants plus décoratifs
Dans un massif, on cherche un feuillage décoratif qui structure la scène et deux ou trois arbustes à floraison pour animer les saisons. L'oranger du Mexique, le choisya, coche les deux cases : feuillage vernissé et parfumé, jolie floraison printanière blanche, et des variétés à feuillage doré pour jouer sur la couleur du feuillage. L'abélia grandiflora enchaîne une longue floraison estivale, des petites fleurs blanc rosé de juillet jusqu'aux gelées ; la variété Abelia Edward Goucher tire vers le rose mauve. Sur ces grandiflora, l'abélia et ses fleurs tiennent des mois, c'est ce qui en fait un bon dos de massif.
Le mahonia apporte autre chose : un feuillage persistant épineux et une floraison hivernale jaune vif et parfumée, suivie de baies bleutées. Le romarin, persistant lui aussi, donne du feuillage aromatique et des fleurs bleues au soleil, et il ne coûte presque rien en godet. Côté palette, tu peux composer du rose, du rouge et du violet avec quelques arbustes bien choisis, sans jamais te retrouver avec le jardin nu en hiver puisque le feuillage, lui, reste.
Soleil, ombre : l'exposition compte autant que le reste
L'exposition au soleil ou à l'ombre trie les candidats plus vite qu'on ne croit. En plein soleil, le photinia, le romarin, l'abélia et l'eleagnus donnent le meilleur d'eux-mêmes. À mi-ombre, le laurier-tin, le houx et le mahonia s'en tirent très bien, et c'est justement là qu'ils dépannent, dans ces coins soleil-ombre où peu de choses tiennent. L'ombre sèche du pied d'un mur reste le cas le plus dur : là, je limite les frais et je teste un seul pied avant d'en aligner dix. Sur un balcon comme le mien, tout ça pousse en pot à condition d'un contenant large et d'arroser plus souvent, la terre y sèche vite. J'ai un choisya dans une jarre de 40 litres depuis quatre ans, plein ouest : il encaisse le soleil de l'après-midi et me fait un rideau vert et parfumé sans que j'aie rien à cacher derrière. Le laurier-tin s'y prête aussi très bien. En revanche, oublie le bambou en petit pot, il boit tout et jaunit dès qu'il a soif.
Croissance, taille et entretien
Un persistant demande peu, mais régulièrement. Un sol correct et drainé, un arrosage suivi la première année le temps que les racines descendent, et c'est à peu près tout. La croissance dépend de l'espèce : le photinia et le laurier-cerise foncent, le houx et le mahonia prennent leur temps. Pour la taille, je taille juste après la floraison sur les persistants fleuris, et j'évite les tailles sévères qui laissent des trous longs à combler. Un coup de sécateur léger en fin de printemps suffit à garder la forme. Pas d'excès d'engrais non plus : trop nourri, un arbuste pousse mou et attrape plus de maladies. Un peu de compost au pied à la sortie de l'hiver, tous les deux ans, fait le travail.
Choisis d'abord selon l'usage, brise-vue, haie ou massif, puis vérifie l'exposition et la hauteur adulte avant de te décider sur la couleur. Un persistant bien placé te tient un décor toute l'année sans réclamer grand-chose. À toi de jouer.
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Petit test de jardinier
Un jardin vert même en janvier
Que fait un arbuste semi-persistant ?
- Il garde ses feuilles en hiver doux et en perd une partie quand il gèle fort
- Il perd toutes ses feuilles chaque automne
- Il garde ses feuilles quel que soit le froid
C'est expliqué dans la partie Persistant, caduc ou semi-persistant
Il se situe entre les deux : vert en hiver doux, dégarni en partie par les fortes gelées.Quel arbuste de haie fleurit blanc en plein hiver ?
- Le laurier-tin
- Le photinia Red Robin
- L'abélia
C'est expliqué dans la partie Les persistants pour un brise-vue ou une haie
Le laurier-tin fleurit blanc en hiver. L'abélia fleurit de juillet aux gelées, le photinia se distingue par ses pousses rouges.Quel bambou choisir pour un écran rapide ?
- Un bambou cespiteux, non traçant
- Un bambou traçant, sans barrière anti-rhizome
C'est expliqué dans la partie Les persistants pour un brise-vue ou une haie
Beaucoup de bambous traçants deviennent envahissants. Sinon, il faut une barrière anti-rhizome.Lequel s'en tire bien à mi-ombre ?
- Le mahonia
- Le photinia
- Le romarin
C'est expliqué dans la partie Soleil, ombre : l'exposition compte autant que le reste
Le mahonia, le laurier-tin et le houx tiennent à mi-ombre. Le photinia et le romarin donnent leur meilleur en plein soleil.Quand tailler un persistant fleuri ?
- Juste après la floraison
- En hiver, par une taille sévère
C'est expliqué dans la partie Croissance, taille et entretien
On taille après la floraison et on évite les tailles sévères qui laissent des trous longs à combler.
Le carnet suivant : Cultiver le géranium : l'essentiel
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